Pourquoi la stratégie quantique d'IBM dépasse celle de Rigetti pour les investisseurs soucieux du risque

La contradiction de l’informatique quantique

Rigetti Computing a fait la une avec des réalisations techniques impressionnantes en 2025. La société a démontré le plus grand système quantique multi-puces de l’industrie, lancé un chiplet de plus de 100 qubits avec une précision de 99,5 %, et sécurisé 5,7 millions de dollars de commandes d’équipements ainsi qu’un contrat de 5,8 millions de dollars avec le laboratoire de recherche de l’Armée de l’Air. D’ici 2026, elle prévoit un système de plus de 150 qubits avec une fidélité de 99,7 %, passant à plus de 1 000 qubits d’ici 2027.

Pourtant, derrière ces jalons se cache une réalité préoccupante : l’informatique quantique reste extrêmement sujette aux erreurs à ces niveaux de précision. Les data scientists de l’industrie ne recommandent pas la mise en œuvre de corrections d’erreurs supplémentaires tant que le matériel n’atteint pas une fidélité de 99,9 %, un seuil que Rigetti n’a pas encore atteint. Les qubits supraconducteurs de la société fonctionnent 10 000 fois plus vite que ceux d’IonQ, leur concurrent, mais la vitesse sans fiabilité crée un problème fondamental de rapport risque/rendement.

De plus, Rigetti a connu un revers lorsqu’elle n’a pas été sélectionnée parmi les 11 premières entreprises à progresser dans le cadre de l’Initiative de benchmarking quantique de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) — un programme conçu pour identifier les entreprises capables de construire des systèmes quantiques tolérants aux fautes en moins d’une décennie.

Le problème de la consommation de cash

Ce qui rend Rigetti particulièrement risquée, ce n’est pas seulement l’écart technologique. La société génère peu de revenus tout en ayant un taux de consommation de trésorerie élevé. Cela crée une position précaire : le matériel reste trop sujet aux erreurs pour des applications commerciales, mais la course pour atteindre des systèmes commercialement viables se réduit constamment.

L’avantage de Rigetti en qubits supraconducteurs offre de la vitesse, mais pas de stabilité. En informatique quantique, la vitesse sans tolérance aux fautes est une fonctionnalité sans fonction.

L’assaut à double front d’IBM sur le quantique

IBM présente un profil de risque fondamentalement différent. Autrefois une entreprise de matériel legacy, IBM s’est systématiquement transformée en un acteur axé sur le quantique. Elle a cédé ses services d’infrastructure informatique à faible marge (en cédant Kyndryl en 2021) et refuse de considérer le quantique comme un projet secondaire — contrairement à des géants technologiques diversifiés comme Alphabet ou Microsoft.

L’approche révolutionnaire d’IBM repose sur deux architectures parallèles de puces :

Nighthawk (Le chemin pratique) : Ce chip de 120 qubits privilégie la qualité plutôt que la taille. IBM a repensé sa topologie de connexion pour améliorer la communication entre qubits, visant l’avantage quantique — la capacité à résoudre des problèmes du monde réel plus rapidement que les supercalculateurs classiques. Nighthawk peut actuellement traiter des problèmes nécessitant jusqu’à 5 000 portes à deux qubits, le seuil de calcul qui dépasse celui des supercalculateurs classiques. La feuille de route vise 10 000 portes d’ici 2027. IBM prévoit d’intégrer Nighthawk avec IBM Cloud pour des simulations avancées dans un avenir proche.

Loon (La vision à long terme) : Ce chip expérimental réinitialise les qubits en cours de calcul sans interrompre les opérations — une capacité cruciale pour construire des systèmes quantiques sans erreur. IBM envisage Loon comme le composant central de Starling, le premier ordinateur quantique à grande échelle et corrigé d’erreurs au monde, prévu pour 2029.

L’avantage de la barrière logicielle

IBM a également reconnu ce que Nvidia a prouvé avec CUDA : les plateformes logicielles créent des avantages compétitifs durables. IBM a développé Qiskit, une plateforme de recherche quantique open-source optimisée pour le matériel IBM. Bien que Qiskit reste open (contrairement à CUDA propriétaire de Nvidia), son intégration avec les systèmes IBM crée des effets de verrouillage qui renforcent la position de marché à long terme d’IBM.

La réalité du flux de trésorerie

L’activité principale d’IBM continue de générer des revenus solides et un flux de trésorerie opérationnel important. Cette solidité financière permet à IBM de financer la recherche quantique à grande échelle sans pression existentielle — à l’inverse de Rigetti, dont le taux de consommation de cash est élevé.

Pour les investisseurs évaluant le secteur de l’informatique quantique, IBM offre une stabilité financière éprouvée soutenant ses ambitions quantiques, tandis que la technologie spéculative de Rigetti doit faire face à une pression croissante pour atteindre la commercialisation avant que ses contraintes de capital ne forcent des choix difficiles. Le calcul risque/rendement favorise fortement l’entreprise disposant à la fois d’une meilleure trajectoire technologique et d’une capacité financière à tenir.

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