Pourquoi l'or reste-t-il le refuge préféré ? Une analyse de deux décennies d'évolution et de rentabilité

Pendant que nous écrivons ceci en octobre de 2025, l’or se négocie autour de 4 270 dollars l’once. Si vous remontiez vingt ans en arrière, ce chiffre vous semblerait de la science-fiction. En 2005, il dépassait à peine les 430 USD. Aujourd’hui, cette multiplication par dix équivaut à un gain cumulé proche de 900%. Mais ce n’est pas une histoire de spéculation débridée, mais de quelque chose de beaucoup plus profond : la recherche permanente de sécurité en période d’incertitude.

L’or en 2025 : records historiques dans un contexte de tensions mondiales

Les données des cinq dernières années racontent une histoire fascinante. Entre 2020 et 2025, le métal précieux a progressé de plus de 124%, passant de 1 900 USD à dépasser 4 200 USD l’once. Ce n’est pas un mouvement isolé, mais l’aboutissement d’un cycle commencé durant la pandémie, lorsque les investisseurs cherchaient désespérément des actifs conservant leur valeur réelle.

La rentabilité annualisée de la dernière décennie tourne autour de 7% à 8%, ce qui est vraiment remarquable étant donné qu’il s’agit d’un actif qui ne génère ni dividendes ni intérêts. Ce chiffre prend tout son sens lorsqu’on le compare aux obligations américaines ou à la dette fixe européenne durant la même période.

Quatre actes d’un drame monétaire : l’évolution du prix de l’or

2005-2010 : Quand la crise mondiale a refugé sa demande

La première moitié des années 2000 a été chaotique pour les marchés traditionnels. Le dollar se dépréciait, le pétrole flambait et les actifs financiers se démoralisaient après l’effondrement des subprimes. L’or est passé de 430 USD à dépasser 1 200 USD en à peine cinq ans, impulsé par une méfiance massive envers le système bancaire. La faillite de Lehman Brothers en 2008 a confirmé ce que beaucoup craignaient : le métal jaune est devenu la dernière ressource des investisseurs effrayés.

2010-2015 : La pause technique

Avec la crise maîtrisée et les économies en reprise, les marchés d’actions ont repris leur rôle principal. L’or a perdu de son éclat relatif, évoluant latéralement entre 1 000 et 1 200 USD. Ce fut une étape de correction nécessaire, même si le métal a conservé intacte sa fonction défensive dans les portefeuilles équilibrés.

2015-2020 : Le retour de l’incertitude

Les guerres commerciales entre Washington et Pékin, les déficits fiscaux atteignant des sommets historiques, et les taux d’intérêt descendant à des niveaux jamais vus ont revitalisé la demande. La COVID-19 a tout accéléré : en 2020, l’or a dépassé pour la première fois 2 000 USD dans son histoire. Les investisseurs institutionnels et les banques centrales ont intensifié leurs achats.

2020-2025 : La montée en puissance sans frein

Cette dernière période a été la plus spectaculaire en termes nominaux. De 1 900 USD à plus de 4 200 USD représente un mouvement qui défie même les projections les plus optimistes d’il y a cinq ans.

Comparatif brutal : comment l’or s’est comporté face aux indices boursiers ?

C’est ici que la narration devient intéressante. Au cours des cinq dernières années, l’or a surpassé à la fois le S&P 500 et le Nasdaq-100 en rentabilité cumulée. Une performance peu courante sur de longues périodes.

En regardant deux décennies en arrière, le Nasdaq-100 reste le grand gagnant avec plus de 5 000% de rendement cumulé. Le S&P 500 progresse d’environ 800%. Mais l’or tourne autour de +850% en termes nominaux depuis 2005, ce qui en fait un concurrent sérieux dans la course à long terme.

Ce qui est vraiment révélateur, ce n’est pas seulement la rentabilité finale, mais le parcours pour y parvenir. En 2008, alors que les marchés plongeaient de plus de 30%, l’or n’a reculé que de 2%. En 2020, lorsque l’incertitude paralysait les marchés, il a de nouveau agi comme un coussin de sécurité. Cette caractéristique défensive a un prix : ce n’est pas l’actif pour s’enrichir rapidement, mais pour conserver sa richesse lorsque tout tremble.

Qu’est-ce qui explique cette trajectoire si surprenante ?

Taux d’intérêt réels négatifs :

L’or s’apprécie lorsque les rendements réels (nominales moins inflation) tombent en territoire négatif. L’expansion quantitative massive de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne a transformé les obligations en actifs à rendements négatifs ajustés par l’inflation. Les investisseurs, au lieu de recevoir de l’argent en prêtant, ont préféré le métal qui ne s’érode pas.

Un dollar faible a agi comme catalyseur :

Puisque l’or est coté en dollars, une monnaie américaine dépréciée stimule son prix. La dépréciation du dollar après 2020 a coïncidé précisément avec les plus fortes hausses du métal.

Inflation ravivée et programmes de dépenses publiques :

La pandémie a généré des peurs inflationnistes confirmées des années plus tard. Les investisseurs cherchaient à protéger leur pouvoir d’achat, et l’or a répondu à cette demande.

Tensions géopolitiques permanentes :

Conflits régionaux, sanctions commerciales et réorganisation de l’ordre énergétique mondial ont conduit les banques centrales des économies émergentes à accumuler des réserves d’or comme diversification éloignée du dollar.

De la théorie à la pratique : comment utiliser l’or dans votre portefeuille ?

L’erreur la plus courante est de traiter l’or comme une spéculation. Les conseillers sérieux le recommandent comme outil de stabilité structurelle. La majorité suggère une exposition de entre 5% et 10% du patrimoine total, via de l’or physique, des ETF adossés au métal, ou des fonds qui répliquent son comportement.

Dans des portefeuilles très concentrés en actions, ce pourcentage agit comme une assurance contre la volatilité. Si une correction du marché frappe votre portefeuille d’actions, ce petit coussin d’or tend à se stabiliser ou même à s’apprécier.

Il y a un autre avantage souvent passé sous silence : liquidité universelle. Partout dans le monde, l’or peut se convertir en liquide sans restrictions de capital ou complexités de la dette souveraine.

Réflexion finale : pérennité ou mode ?

L’or ne prospère pas parce qu’il génère des dividendes ou des gains d’entreprises. Il prospère parce qu’il représente la confiance. Quand cette confiance disparaît — par inflation incontrôlée, dette insoutenable, conflits géopolitiques ou crises monétaires — le métal revient.

Au cours de la dernière décennie, il a rivalisé avec succès avec les indices boursiers. Au cours des cinq dernières années, il les a surpassés. Ce n’est pas une coïncidence : cela reflète un monde où les investisseurs recherchent de plus en plus désespérément des ancrages de stabilité.

Vous ne construirez pas une fortune uniquement avec l’or, mais vous protégerez celle que vous avez lorsque tout le reste vacille. Pour ceux qui pensent à des portefeuilles équilibrés pour les vingt prochaines années, l’évolution de l’or suggère qu’il restera, exactement comme il y a deux décennies, une pièce essentielle du puzzle financier mondial.

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