Le minage de Bitcoin a connu une transformation radicale depuis ses origines populaires. Aujourd’hui, si les opérations de minage à l’échelle institutionnelle et le minage en pool dominent le paysage, le minage en solo continue d’intriguer les mineurs indépendants qui privilégient la souveraineté personnelle plutôt que des rendements prévisibles. La question fondamentale demeure : le minage en solo peut-il rester économiquement rationnel en 2025 ?
Comprendre le minage en solo et ses différences
Le minage en solo désigne le fait de miner du Bitcoin de manière indépendante, sans mettre en commun la puissance de calcul avec d’autres. Lorsqu’un mineur en solo découvre un bloc valide, il revendique la totalité de la récompense de bloc — actuellement 3,125 BTC plus les frais de transaction — sans la partager avec un réseau d’autres mineurs ni payer de frais d’opérateur de pool. Cela contraste fortement avec le minage en pool, où les participants contribuent leur puissance de calcul et reçoivent des paiements proportionnels à leur contribution.
Cette différence structurelle crée un compromis fondamental : les mineurs en solo sacrifient la fréquence et la prévisibilité de leurs revenus pour la possibilité de capter 100 % des récompenses de bloc. Les mineurs en pool, à l’inverse, perçoivent des gains réguliers, quoique modestes, quotidiennement ou hebdomadairement, au prix d’une rémunération par bloc réduite.
L’économie : pourquoi la majorité des mineurs privilégient le pool
L’économie du minage en solo a évolué défavorablement depuis les premières années de Bitcoin. Plusieurs facteurs interconnectés expliquent cela :
Difficulté du réseau et concurrence en hashrate
Le réseau Bitcoin ajuste la difficulté de minage tous les 2 016 blocs (environ toutes les 2 semaines) pour maintenir un taux de découverte de bloc de 10 minutes. La difficulté actuelle dépasse 84 trillions, reflétant la puissance de calcul cumulée des opérations de minage professionnelles dans le monde entier. Un appareil Antminer S21 de 200 TH/s représente à peine 0,00024 % de la puissance totale du réseau. Statistiquement, un tel mineur aurait besoin de 12-15 ans pour découvrir un seul bloc à la difficulté actuelle.
L’impact du halving récent
Le dernier halving (avril 2024) a réduit la récompense de bloc de 6,25 BTC à 3,125 BTC. Cette réduction a directement comprimé la fenêtre de rentabilité potentielle. Les coûts d’électricité, qui consomment généralement 60-80 % des revenus de minage dans un contexte concurrentiel, absorbent désormais une part disproportionnée des récompenses diminuées. Pour des mineurs en solo opérant à des tarifs d’électricité de réseau ($0,05-0,10/kWh), la rentabilité approche zéro pour des opérations individuelles.
Exigences matérielles et infrastructurelles
Faire fonctionner une configuration en solo nécessite de faire tourner un nœud Bitcoin Core complet — ce qui demande plus de 600 Go de stockage blockchain et une consommation continue de bande passante. Le logiciel de minage (cgminer, BFGMiner) doit se connecter directement à ce nœud plutôt qu’à un serveur de pool, ce qui complique l’opération. Les ASIC de dernière génération (Antminer S21, WhatsMiner M60 series) nécessitent un investissement de capital de 3 000 à 8 000 dollars par unité. Les coûts mensuels d’électricité pour un ASIC haut de gamme à 0,05 $/kWh tournent autour de 150 à 300 dollars, selon leur efficacité.
La question de la viabilité pratique
Considérons un scénario concret : un mineur déploie un Antminer S21 de 200 TH/s avec un accès à une électricité à 0,05 $/kWh, en supposant que la difficulté du réseau reste entre 80 et 100T :
Temps estimé pour trouver un bloc : 12-15 ans
Gains quotidiens (probabilistes) : 0,05 à 0,08 $ (uniquement si un bloc est découvert avec succès)
Gains mensuels : 1,50 à 2,40 $ (très variables ; ne se réalisent qu’en cas de découverte de bloc)
Coût annuel en électricité : environ 2 000 à 3 600 $
Entretien annuel de l’équipement et refroidissement : 500 à 1 000 $
Les chiffres sont brutaux : les coûts opérationnels annuels dépassent 2 500 à 4 600 $, tandis que les gains annuels probabilistes tournent autour de 18 à 29 $. La valeur attendue devient profondément négative. C’est pourquoi le minage en solo pour un opérateur individuel est devenu une loterie avec des coûts de ticket importants, plutôt qu’une stratégie de génération de revenus rationnelle.
Minage en solo vs minage en pool : la comparaison stratégique
Dimension
Minage en solo
Minage en pool
Fréquence de gains
Très rare (années entre paiements)
Paiements réguliers quotidiens/hebdomadaires
Volatilité des revenus
Extrême (0 ou 3.125 BTC par découverte)
Faible (petits montants réguliers)
Barrière technique
Élevée (nœud complet, configuration complexe)
Faible (connexion à un serveur de pool)
Structure des frais
Aucune, mais coûts opérationnels élevés
1-4 % de frais sur la récompense de bloc
Effet réseau
Favorise la décentralisation
Peut concentrer le hashrate si les pools dominent
Rentabilité pratique
Négligeable pour les particuliers
Viable pour les opérateurs soucieux des coûts
Le minage en pool offre un flux de trésorerie prévisible qui compense les coûts d’électricité et la dépréciation du matériel. Le minage en solo propose une philosophie alignée avec la décentralisation, mais sacrifie la rationalité financière pour presque tous les participants.
Pourquoi les mineurs en solo existent encore
Malgré une économie défavorable, trois motivations maintiennent l’intérêt pour le minage en solo :
Engagement idéologique en faveur de la décentralisation
Certains mineurs considèrent leur participation en solo comme un acte politique. Le minage en pool concentre l’autorité de validation des blocs entre quelques opérateurs. Les mineurs en solo valident directement les transactions et contribuent à la résilience du réseau en maintenant des nœuds indépendants. Cet argument philosophique a du poids chez les maximalistes Bitcoin, mais n’offre aucune compensation financière.
Opérations à l’échelle institutionnelle
Les grandes fermes de minage avec des exahash (EH/s) de puissance et accès à des sources d’énergie subventionnées ou renouvelables maintiennent des opérations en solo parallèlement à leur participation en pool. Ces opérations ont la masse computationnelle pour trouver des blocs dans des délais statistiquement raisonnables. Elles peuvent absorber la variance et opérer avec un ROI acceptable. Ces opérations restent confinées aux acteurs industriels, pas aux particuliers.
Attentes de gains improbables
Une minorité de mineurs s’engage explicitement dans le minage en solo comme un jeu de hasard spéculatif. La possibilité — même très faible — de découvrir un bloc et de capter une récompense de plusieurs millions de dollars motive la participation malgré une valeur attendue négative. Psychologiquement, cela ressemble à l’achat de tickets de loterie ; la valeur de divertissement et le rêve justifient le coût pour certains.
Mise en place du minage en solo : exigences techniques
Pour ceux qui persistent malgré l’économie :
Choix du matériel
Acquérir un ASIC de dernière génération avec une efficacité optimale (Joules par Terahash). Recommandations actuelles : séries Antminer S21, WhatsMiner M60, ou modèles émergents privilégiant l’efficacité en joules par térahash plutôt que la puissance brute.
Infrastructure du nœud
Télécharger et synchroniser entièrement Bitcoin Core — ce processus nécessite 5 à 10 jours selon la vitesse Internet et la performance du stockage. La blockchain synchronisée devient votre registre de référence pour valider le travail de minage. Maintenez ce nœud en fonctionnement continu ; toute interruption de synchronisation invalide vos efforts de minage.
Configuration du logiciel de minage
Installer cgminer ou BFGMiner et configurer la connexion “stratum” vers votre port RPC Bitcoin Core local (habituellement 8332) plutôt qu’à un serveur de pool externe. Indiquez votre adresse Bitcoin pour recevoir la récompense — c’est votre seule source de revenu si un bloc est découvert.
Suivi opérationnel
Surveiller en permanence la difficulté du réseau via des explorateurs blockchain et calculer votre temps estimé pour un bloc avec des outils comme MTTB. Vérifier l’état de synchronisation de votre nœud et la température/uptime de votre mineur. Un nœud désynchronisé invalide tout le travail de minage sans générer de revenu.
Le paysage futur : alternatives émergentes
Plusieurs développements pourraient améliorer légèrement l’attrait du minage en solo, bien que l’économie fondamentale reste difficile :
Pools de minage décentralisés
Des projets comme P2Pool ou ckpool proposent des architectures hybrides où les mineurs mettent en commun leur hashrate pour réduire la variance tout en conservant le contrôle sur la construction du bloc. Les mineurs peuvent exclure des transactions jugées indésirables sans dépendre d’opérateurs de pools centralisés. Cela représente une voie intermédiaire entre le minage en solo pur et le minage en pool traditionnel, même si la réduction de la variance reste incomplète.
Protocole Stratum V2
Les protocoles de minage émergents visent à transférer l’autorité de construction des templates du pool vers les mineurs individuels. En permettant aux mineurs de choisir quelles transactions inclure dans les blocs, Stratum V2 répond aux préoccupations de centralisation inhérentes aux pools actuels. Son adoption pourrait rendre la participation en pool plus alignée avec la décentralisation, réduisant ainsi l’incitation au minage en solo économiquement irrationnel.
Intégration d’énergies renouvelables
Les mineurs ayant accès à une énergie à coût marginal nul — installations solaires, éoliennes, géothermiques — peuvent théoriquement améliorer la viabilité du minage en solo. Si le coût de l’électricité tend vers zéro, le modèle de loterie devient plus psychologiquement acceptable, même si la rentabilité absolue reste incertaine compte tenu des coûts fixes du matériel et de la maintenance.
Faut-il tenter le minage en solo ?
Pour les mineurs motivés par le profit : Non. La valeur attendue est profondément négative. Le minage en pool, malgré une rémunération par bloc inférieure, offre des retours prévisibles qui compensent mieux les coûts opérationnels.
Pour les défenseurs de la décentralisation : Considérez-le comme un hobby de luxe plutôt qu’une stratégie de revenu. Préparez-vous à des pertes sur plusieurs années tout en acceptant que la découverte de bloc reste une possibilité réelle, même si faible. Alternativement, explorez des pools décentralisés ou attendez l’adoption de Stratum V2.
Pour les expérimentateurs occasionnels : Comprenez parfaitement les risques. Si vous vous lancez, utilisez un capital destiné à la perte plutôt qu’à un rendement attendu. Surveillez attentivement la trajectoire du hashrate et de la difficulté ; arrêtez si les coûts électriques dépassent systématiquement la valeur potentielle de découverte de bloc.
Questions fréquentes sur le minage en solo
Combien d’années avant de trouver un bloc avec du matériel grand public ?
Un mineur de 200 TH/s à une difficulté de 84T+ pourrait théoriquement attendre 12-15 ans. Mais la “chance” joue un rôle ; la découverte peut survenir en quelques mois ou en plusieurs décennies. La valeur attendue est très négative.
Quel seuil de hashrate rend le minage en solo viable ?
Pratiquement, en dessous de 10-50 PH/s (péta-hashs), la viabilité pour un particulier est quasi nulle. Les fermes industrielles avec des centaines d’EH/s ont une économie différente. Pour le mineur individuel, 100 % de la puissance devient statistiquement sans importance.
Le minage avec GPU ou CPU est-il viable pour Bitcoin ?
Non. Le minage de Bitcoin est exclusivement dominé par les ASIC. Les processeurs graphiques ou CPU ne peuvent pas rivaliser avec du silicium dédié. Le minage GPU/CPU génère des retours négatifs sur l’investissement électrique.
Quels ASIC offrent la meilleure efficacité pour le minage en solo ?
Prioriser les Joules par Térahash : séries Antminer S21, WhatsMiner M60, ou modèles émergents axés sur cette efficacité. Évitez les modèles anciens ; l’efficacité est directement liée à la longévité de la rentabilité.
Les économies post-halving s’amélioreront-elles pour le minage en solo ?
Peu probable. Les halvings futurs continueront de comprimer la récompense de bloc. La difficulté du réseau augmentera probablement plus vite que les gains d’efficacité des ASIC. L’attrait économique du minage en solo continue de se dégrader.
En résumé
Le minage en solo de Bitcoin en 2025 reste envisageable comme hobby ou déclaration philosophique en faveur de la décentralisation du réseau, mais pas comme une stratégie de revenu rationnelle. La combinaison d’une difficulté extrême, de la réduction des récompenses après halving, et des coûts opérationnels élevés crée un scénario où les mineurs individuels font face à des retours probabilistes mesurés en années ou décennies, compensés par des dépenses immédiates en électricité.
Pour une acquisition régulière de Bitcoin via le minage, la participation en pool demeure la seule option rationnelle. Pour ceux qui tiennent à l’éthique de la décentralisation, une participation expérimentale à des protocoles de pools décentralisés émergents ou l’attente de la standardisation Stratum V2 offrent des solutions de compromis potentielles. Jusqu’à ce que l’économie fondamentale du réseau change radicalement — ce qui est peu probable — le minage en solo appartient au domaine de l’engagement idéologique et de la loterie spéculative, plutôt qu’à une stratégie d’investissement sérieuse.
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Minage en solo de Bitcoin en 2025 — Réalité vs Attentes
Le minage de Bitcoin a connu une transformation radicale depuis ses origines populaires. Aujourd’hui, si les opérations de minage à l’échelle institutionnelle et le minage en pool dominent le paysage, le minage en solo continue d’intriguer les mineurs indépendants qui privilégient la souveraineté personnelle plutôt que des rendements prévisibles. La question fondamentale demeure : le minage en solo peut-il rester économiquement rationnel en 2025 ?
Comprendre le minage en solo et ses différences
Le minage en solo désigne le fait de miner du Bitcoin de manière indépendante, sans mettre en commun la puissance de calcul avec d’autres. Lorsqu’un mineur en solo découvre un bloc valide, il revendique la totalité de la récompense de bloc — actuellement 3,125 BTC plus les frais de transaction — sans la partager avec un réseau d’autres mineurs ni payer de frais d’opérateur de pool. Cela contraste fortement avec le minage en pool, où les participants contribuent leur puissance de calcul et reçoivent des paiements proportionnels à leur contribution.
Cette différence structurelle crée un compromis fondamental : les mineurs en solo sacrifient la fréquence et la prévisibilité de leurs revenus pour la possibilité de capter 100 % des récompenses de bloc. Les mineurs en pool, à l’inverse, perçoivent des gains réguliers, quoique modestes, quotidiennement ou hebdomadairement, au prix d’une rémunération par bloc réduite.
L’économie : pourquoi la majorité des mineurs privilégient le pool
L’économie du minage en solo a évolué défavorablement depuis les premières années de Bitcoin. Plusieurs facteurs interconnectés expliquent cela :
Difficulté du réseau et concurrence en hashrate
Le réseau Bitcoin ajuste la difficulté de minage tous les 2 016 blocs (environ toutes les 2 semaines) pour maintenir un taux de découverte de bloc de 10 minutes. La difficulté actuelle dépasse 84 trillions, reflétant la puissance de calcul cumulée des opérations de minage professionnelles dans le monde entier. Un appareil Antminer S21 de 200 TH/s représente à peine 0,00024 % de la puissance totale du réseau. Statistiquement, un tel mineur aurait besoin de 12-15 ans pour découvrir un seul bloc à la difficulté actuelle.
L’impact du halving récent
Le dernier halving (avril 2024) a réduit la récompense de bloc de 6,25 BTC à 3,125 BTC. Cette réduction a directement comprimé la fenêtre de rentabilité potentielle. Les coûts d’électricité, qui consomment généralement 60-80 % des revenus de minage dans un contexte concurrentiel, absorbent désormais une part disproportionnée des récompenses diminuées. Pour des mineurs en solo opérant à des tarifs d’électricité de réseau ($0,05-0,10/kWh), la rentabilité approche zéro pour des opérations individuelles.
Exigences matérielles et infrastructurelles
Faire fonctionner une configuration en solo nécessite de faire tourner un nœud Bitcoin Core complet — ce qui demande plus de 600 Go de stockage blockchain et une consommation continue de bande passante. Le logiciel de minage (cgminer, BFGMiner) doit se connecter directement à ce nœud plutôt qu’à un serveur de pool, ce qui complique l’opération. Les ASIC de dernière génération (Antminer S21, WhatsMiner M60 series) nécessitent un investissement de capital de 3 000 à 8 000 dollars par unité. Les coûts mensuels d’électricité pour un ASIC haut de gamme à 0,05 $/kWh tournent autour de 150 à 300 dollars, selon leur efficacité.
La question de la viabilité pratique
Considérons un scénario concret : un mineur déploie un Antminer S21 de 200 TH/s avec un accès à une électricité à 0,05 $/kWh, en supposant que la difficulté du réseau reste entre 80 et 100T :
Les chiffres sont brutaux : les coûts opérationnels annuels dépassent 2 500 à 4 600 $, tandis que les gains annuels probabilistes tournent autour de 18 à 29 $. La valeur attendue devient profondément négative. C’est pourquoi le minage en solo pour un opérateur individuel est devenu une loterie avec des coûts de ticket importants, plutôt qu’une stratégie de génération de revenus rationnelle.
Minage en solo vs minage en pool : la comparaison stratégique
Le minage en pool offre un flux de trésorerie prévisible qui compense les coûts d’électricité et la dépréciation du matériel. Le minage en solo propose une philosophie alignée avec la décentralisation, mais sacrifie la rationalité financière pour presque tous les participants.
Pourquoi les mineurs en solo existent encore
Malgré une économie défavorable, trois motivations maintiennent l’intérêt pour le minage en solo :
Engagement idéologique en faveur de la décentralisation
Certains mineurs considèrent leur participation en solo comme un acte politique. Le minage en pool concentre l’autorité de validation des blocs entre quelques opérateurs. Les mineurs en solo valident directement les transactions et contribuent à la résilience du réseau en maintenant des nœuds indépendants. Cet argument philosophique a du poids chez les maximalistes Bitcoin, mais n’offre aucune compensation financière.
Opérations à l’échelle institutionnelle
Les grandes fermes de minage avec des exahash (EH/s) de puissance et accès à des sources d’énergie subventionnées ou renouvelables maintiennent des opérations en solo parallèlement à leur participation en pool. Ces opérations ont la masse computationnelle pour trouver des blocs dans des délais statistiquement raisonnables. Elles peuvent absorber la variance et opérer avec un ROI acceptable. Ces opérations restent confinées aux acteurs industriels, pas aux particuliers.
Attentes de gains improbables
Une minorité de mineurs s’engage explicitement dans le minage en solo comme un jeu de hasard spéculatif. La possibilité — même très faible — de découvrir un bloc et de capter une récompense de plusieurs millions de dollars motive la participation malgré une valeur attendue négative. Psychologiquement, cela ressemble à l’achat de tickets de loterie ; la valeur de divertissement et le rêve justifient le coût pour certains.
Mise en place du minage en solo : exigences techniques
Pour ceux qui persistent malgré l’économie :
Choix du matériel
Acquérir un ASIC de dernière génération avec une efficacité optimale (Joules par Terahash). Recommandations actuelles : séries Antminer S21, WhatsMiner M60, ou modèles émergents privilégiant l’efficacité en joules par térahash plutôt que la puissance brute.
Infrastructure du nœud
Télécharger et synchroniser entièrement Bitcoin Core — ce processus nécessite 5 à 10 jours selon la vitesse Internet et la performance du stockage. La blockchain synchronisée devient votre registre de référence pour valider le travail de minage. Maintenez ce nœud en fonctionnement continu ; toute interruption de synchronisation invalide vos efforts de minage.
Configuration du logiciel de minage
Installer cgminer ou BFGMiner et configurer la connexion “stratum” vers votre port RPC Bitcoin Core local (habituellement 8332) plutôt qu’à un serveur de pool externe. Indiquez votre adresse Bitcoin pour recevoir la récompense — c’est votre seule source de revenu si un bloc est découvert.
Suivi opérationnel
Surveiller en permanence la difficulté du réseau via des explorateurs blockchain et calculer votre temps estimé pour un bloc avec des outils comme MTTB. Vérifier l’état de synchronisation de votre nœud et la température/uptime de votre mineur. Un nœud désynchronisé invalide tout le travail de minage sans générer de revenu.
Le paysage futur : alternatives émergentes
Plusieurs développements pourraient améliorer légèrement l’attrait du minage en solo, bien que l’économie fondamentale reste difficile :
Pools de minage décentralisés
Des projets comme P2Pool ou ckpool proposent des architectures hybrides où les mineurs mettent en commun leur hashrate pour réduire la variance tout en conservant le contrôle sur la construction du bloc. Les mineurs peuvent exclure des transactions jugées indésirables sans dépendre d’opérateurs de pools centralisés. Cela représente une voie intermédiaire entre le minage en solo pur et le minage en pool traditionnel, même si la réduction de la variance reste incomplète.
Protocole Stratum V2
Les protocoles de minage émergents visent à transférer l’autorité de construction des templates du pool vers les mineurs individuels. En permettant aux mineurs de choisir quelles transactions inclure dans les blocs, Stratum V2 répond aux préoccupations de centralisation inhérentes aux pools actuels. Son adoption pourrait rendre la participation en pool plus alignée avec la décentralisation, réduisant ainsi l’incitation au minage en solo économiquement irrationnel.
Intégration d’énergies renouvelables
Les mineurs ayant accès à une énergie à coût marginal nul — installations solaires, éoliennes, géothermiques — peuvent théoriquement améliorer la viabilité du minage en solo. Si le coût de l’électricité tend vers zéro, le modèle de loterie devient plus psychologiquement acceptable, même si la rentabilité absolue reste incertaine compte tenu des coûts fixes du matériel et de la maintenance.
Faut-il tenter le minage en solo ?
Pour les mineurs motivés par le profit : Non. La valeur attendue est profondément négative. Le minage en pool, malgré une rémunération par bloc inférieure, offre des retours prévisibles qui compensent mieux les coûts opérationnels.
Pour les défenseurs de la décentralisation : Considérez-le comme un hobby de luxe plutôt qu’une stratégie de revenu. Préparez-vous à des pertes sur plusieurs années tout en acceptant que la découverte de bloc reste une possibilité réelle, même si faible. Alternativement, explorez des pools décentralisés ou attendez l’adoption de Stratum V2.
Pour les expérimentateurs occasionnels : Comprenez parfaitement les risques. Si vous vous lancez, utilisez un capital destiné à la perte plutôt qu’à un rendement attendu. Surveillez attentivement la trajectoire du hashrate et de la difficulté ; arrêtez si les coûts électriques dépassent systématiquement la valeur potentielle de découverte de bloc.
Questions fréquentes sur le minage en solo
Combien d’années avant de trouver un bloc avec du matériel grand public ?
Un mineur de 200 TH/s à une difficulté de 84T+ pourrait théoriquement attendre 12-15 ans. Mais la “chance” joue un rôle ; la découverte peut survenir en quelques mois ou en plusieurs décennies. La valeur attendue est très négative.
Quel seuil de hashrate rend le minage en solo viable ?
Pratiquement, en dessous de 10-50 PH/s (péta-hashs), la viabilité pour un particulier est quasi nulle. Les fermes industrielles avec des centaines d’EH/s ont une économie différente. Pour le mineur individuel, 100 % de la puissance devient statistiquement sans importance.
Le minage avec GPU ou CPU est-il viable pour Bitcoin ?
Non. Le minage de Bitcoin est exclusivement dominé par les ASIC. Les processeurs graphiques ou CPU ne peuvent pas rivaliser avec du silicium dédié. Le minage GPU/CPU génère des retours négatifs sur l’investissement électrique.
Quels ASIC offrent la meilleure efficacité pour le minage en solo ?
Prioriser les Joules par Térahash : séries Antminer S21, WhatsMiner M60, ou modèles émergents axés sur cette efficacité. Évitez les modèles anciens ; l’efficacité est directement liée à la longévité de la rentabilité.
Les économies post-halving s’amélioreront-elles pour le minage en solo ?
Peu probable. Les halvings futurs continueront de comprimer la récompense de bloc. La difficulté du réseau augmentera probablement plus vite que les gains d’efficacité des ASIC. L’attrait économique du minage en solo continue de se dégrader.
En résumé
Le minage en solo de Bitcoin en 2025 reste envisageable comme hobby ou déclaration philosophique en faveur de la décentralisation du réseau, mais pas comme une stratégie de revenu rationnelle. La combinaison d’une difficulté extrême, de la réduction des récompenses après halving, et des coûts opérationnels élevés crée un scénario où les mineurs individuels font face à des retours probabilistes mesurés en années ou décennies, compensés par des dépenses immédiates en électricité.
Pour une acquisition régulière de Bitcoin via le minage, la participation en pool demeure la seule option rationnelle. Pour ceux qui tiennent à l’éthique de la décentralisation, une participation expérimentale à des protocoles de pools décentralisés émergents ou l’attente de la standardisation Stratum V2 offrent des solutions de compromis potentielles. Jusqu’à ce que l’économie fondamentale du réseau change radicalement — ce qui est peu probable — le minage en solo appartient au domaine de l’engagement idéologique et de la loterie spéculative, plutôt qu’à une stratégie d’investissement sérieuse.