EUR/JPY 2025 : Quand est le moment idéal pour prendre position en yens ?

La prévision pour la paire euro yen dans le reste de 2025 indique une opportunité claire pour ceux qui cherchent à s’exposer à la devise japonaise. Après une volatilité extrême lors des cinq premiers mois de l’année, marquée par des mouvements de plus de huit yens, la paire est passée de 161,7 ¥/€ au début de l’année à des creux de 155,6 ¥ en février et des sommets de 164,2 ¥ début mai, cotant actuellement près de 163,4 ¥.

Ce mouvement erratique n’est pas une coïncidence, mais le reflet direct d’une confluence d’événements ayant reconfiguré les dynamiques fondamentales des deux devises. La question que se posent maintenant les investisseurs est simple mais cruciale : avons-nous passé le pic de volatilité ou reste-t-il encore des surprises ?

Les cinq piliers qui ont fait bouger le yen en 2025

Le premier événement important a été la troisième décision de la banque centrale japonaise : la Banque du Japon a porté son taux de référence de 0,25% à 0,50%, atteignant le niveau le plus élevé depuis 2008. La réaction initiale a été rapide — le yen s’est apprécié immédiatement — mais éphémère, car les rendements européens restaient substantiellement supérieurs. Ce détail est clé : l’écart de taux demeure le principal facteur gravitationnel.

L’introduction de tarifs douaniers réciproques par Washington en février a radicalement modifié l’appétit pour le risque. Un tarif général de 10% sur toutes les importations, avec un supplément de 20% pour les biens en provenance de l’UE, a enflammé les alarmes d’une guerre commerciale. La crainte qui en a résulté a dopé la demande d’actifs sûrs, menant la paire à son minimum annuel de 155,6 ¥ le 27 février. Dans ces contextes de stress systémique, le yen montre sa nature refuge : le Japon est un créancier net mondial, ne dépend pas du financement extérieur et possède un marché de devises colossal en liquidité, ce qui en fait l’option asiatique la plus accessible en cas de crise.

Le facteur carry trade complique encore plus l’équation. D’innombrables investisseurs empruntent en yens à des taux proches de zéro pour financer des positions en actifs à rendement plus élevé. Lorsque les marchés s’effondrent, ces spéculateurs liquidant leurs positions rapatrient du capital, achetant massivement des yens et poussant leur cotation à la hausse. Ce mécanisme amplifie les mouvements liés à l’aversion au risque.

La Banque centrale européenne a pris ses propres décisions : trois réductions de taux (30 janvier, 12 mars et 17 avril) qui ont porté la facilité de dépôt de 4% à 2,25%. Chaque baisse a freiné les rebonds de l’euro, détériorant l’incitation à maintenir la devise européenne face à son homologue nippon.

La fermeture des tarifs américains en avril a consolidé le sentiment d’aversion au risque, bien que l’impact ait été limité car les marchés avaient déjà intégré ces attentes. Cependant, le véritable catalyseur est arrivé en mai : Pékin a injecté des mesures de relance monétaire en abaissant son taux repo à sept jours à 1,40% et en réduisant les exigences de réserves obligatoires. Ce mouvement a revitalisé l’appétit pour le risque sur les marchés asiatiques, désactivant temporairement le rôle refuge du yen et permettant à la paire de s’envoler jusqu’à 164,2 ¥ le 1er mai.

Dynamique structurelle pour la seconde moitié de 2025

Le vrai pari consiste à comprendre vers où convergent les politiques monétaires. Le marché à terme anticipe que la Banque du Japon augmentera son taux de référence à 0,75% durant l’été et à 1% à l’automne. Cette hausse, bien que progressive, marque la fin d’une décennie de liquidités quasi gratuites et désactive le carry trade qui a systématiquement pesé sur le yen pendant des années.

Chaque mouvement à la hausse de Tokyo réduit la rentabilité de se financer en yens pour acheter des actifs à rendement supérieur, ce qui contracte l’offre de yens sur les marchés et offre un support structurel à la devise. Parallèlement, la Banque centrale européenne portera probablement ses taux à 2% avant la fin de l’année, en réponse à une inflation en baisse et une croissance stagnante sous l’effet des tarifs américains.

Le résultat est la convergence des taux. L’écart de rendement entre les deux économies, qui frôlait il y a un an deux points de pourcentage, tombera à un peu plus d’un point. À ce niveau, le différentiel ne compensera plus le risque de réaffectation du capital vers l’euro dans un contexte mondial incertain. C’est le scénario de base pour une prévision euro yen plus modérée pour le reste de l’année.

Scénarios de cotation et plages opérationnelles

En l’absence d’événements géopolitiques disruptifs, la paire devrait osciller dans une fourchette large mais avec un biais à la baisse progressive. Lorsque les investisseurs retrouveront leur appétit pour le risque et que les marchés respireront la tranquillité, l’euro rencontrera une résistance au-dessus de 165 ¥. Inversement, face à tout choc — une donnée d’inflation inattendue aux États-Unis, une nouvelle série de tarifs ou une correction boursière significative — le yen redeviendra son rôle de refuge et la paire pourrait chuter vers la zone de 158-160 ¥.

Le scénario de base prévoit une cotation proche de 162 ¥ pour la fin 2025, avec une légère tendance à un yen plus fort si la Banque du Japon confirme son cycle haussier s’étendant jusqu’en 2026. Les projections de différentes maisons d’analyse offrent des plages variées : de 165-173 ¥ à 160-170 ¥, selon les méthodologies et hypothèses différentes. Cette dispersion est naturelle dans un contexte d’incertitude géopolitique et commerciale.

Analyse technique du EUR/JPY : signaux d’épuisement

Le graphique journalier de la paire maintient un biais haussier modéré, mais avec des indicateurs suggérant une perte d’élan. Le prix se situe au-dessus de sa moyenne mobile principale (vers 161 ¥), confirmant la tendance haussière depuis mars. Cependant, les dernières bougies montrent des corps étroits regroupés près du bord supérieur des Bandes de Bollinger (bande supérieure à 164,0 ¥ ; moyenne à 162,5 ¥), signe d’un affaiblissement de la demande acheteuse.

L’indicateur RSI sur 14 périodes est à 56, après avoir touché 67 il y a une semaine. Ce retrait de la zone de surachat, associé à une divergence baissière avec le sommet du 1er mai, renforce l’idée d’une correction ou d’une pause imminente à court terme.

Les niveaux techniques clés sont : support à la moyenne mobile (162,5 ¥) et confluence inférieure autour de 161 ¥ ; le franchir ouvrirait la voie vers 159,8-160 ¥. Côté haussier, la résistance clé reste à 164,2 ¥ ; une clôture claire au-dessus encouragerait un mouvement vers 166-168 ¥. Le canal s’est resserré par rapport à mars, ce qui anticipe des mouvements plus brusques lorsque la volatilité reprendra.

Stratégies pratiques : comment se positionner en yens

Pour les opérateurs à court terme (3-6 mois):

Dans la fourchette 160-170 qui caractérise l’année, chaque approche vers la zone de 165-170 ¥ offre des opportunités de vendre des euros et d’acheter des yens, avec un objectif initial à 162 ¥ et un stop protecteur à 171 ¥. Les jours précédant les réunions de la Banque du Japon génèrent souvent des oscillations d’un ou deux yens que les opérateurs actifs peuvent exploiter via des contrats à terme de taille réduite ou des options put-spread qui diminuent le coût d’entrée.

Pour les investisseurs à horizon moyen (fin 2025):

Les prévisions des banques d’investissement convergent vers 160-170 ¥ pour la fin de l’année. Une tactique prudente consiste à accumuler des yens de façon fractionnée : acheter chaque fois que la paire dépasse 163-164 ¥, en moyennant le prix d’entrée et en réduisant le risque d’un point d’entrée défavorable. Ceux qui ont besoin de couvertures sur des flux libellés en euros peuvent fixer des forwards ou des dépôts en yens proches des niveaux actuels ; le coût diminue à mesure que l’écart de taux se réduit.

Prise de bénéfices et gestion des risques :

Si la paire atteint 160-162 ¥ après les mouvements haussiers de la Banque du Japon prévus pour l’été et l’automne, il est conseillé de réaliser au moins une prise de bénéfices partielle, en laissant le reste comme protection contre des chocs géopolitiques qui ont historiquement favorisé le yen. Maintenir des stops clairs et revoir l’exposition après chaque décision des deux autorités monétaires est essentiel.

Risques pouvant faire dérailler le scénario

Une pause inattendue de la Banque du Japon si l’inflation japonaise diminue, ou une hausse imprévue de l’inflation sous-jacente européenne freinant les réductions de la Banque centrale européenne, pourraient ramener la paire vers la zone haute de la fourchette. Un rallye boursier prolongé revitalisant le carry trade serait également problématique pour l’appréciation du yen.

Les risques commerciaux méritent une mention spéciale. Une nouvelle série de tarifs entre les États-Unis et l’Union européenne propulserait le yen vers son rôle de refuge, pressant la paire vers 158-160 ¥. Inversement, tout geste de détente commerciale aurait l’effet inverse, permettant des rebonds vers 167-168 ¥.

Contexte historique : deux décennies de EUR/JPY

Depuis 1999, la paire EUR/JPY a connu deux dynamiques alternantes : la force du yen comme devise refuge lors de crises et l’appréciation progressive de l’euro en périodes de normalité. Lors de la crise financière de 2008, le yen s’est fortement renforcé tandis que l’euro se dépréciait en raison de l’instabilité dans la zone euro. La décennie 2010 a vu le yen sous pression en raison des politiques expansionnistes de la Banque du Japon, favorisant l’euro.

Aujourd’hui, avec la Banque du Japon qui augmente ses taux et la Banque centrale européenne qui les réduit, la paire navigue à nouveau dans la zone de 160-165 ¥, reflétant à nouveau la lutte entre un yen qui retrouve son statut de refuge et un euro sous pression par la décélération européenne. Ce cycle rappelle que les facteurs macroéconomiques et monétaires sont les principaux moteurs des dynamiques des principales paires de devises.

Conclusion : l’opportunité 2025 en yens

La prévision euro yen pour la clôture de 2025 converge vers une fourchette de 158-170 ¥, reflétant un marché qui intègre enfin le changement de cycle : la Banque du Japon termine la décennie avec des taux proches de zéro et la Banque centrale européenne réduit ses taux directeurs. L’écart de rendement tombe de deux points à un peu plus d’un, éliminant l’incitation classique à se financer en yens pour acheter des euros. Ajoutez à cela le rôle refuge du yen lorsque les tensions commerciales montent.

Tandis que la paire oscille encore entre 160 et 170 ¥, le moment opportun pour prendre position en yens est lors des rebonds vers 165-170 ¥, avec un objectif à 160-162 ¥ et une discipline de risque à 171 ¥. La tendance structurelle favorise désormais le yen. Pour la première fois en près de deux décennies, le carry trade — emprunter une devise à faible rendement pour la convertir en une autre à rendement supérieur — cesse d’être une voie à sens unique. Cela suggère une tendance baissière, mais graduelle, pour l’euro/yen dans le reste de l’année, créant la première véritable fenêtre depuis des années pour construire des positions en yens avec des attentes raisonnables de revalorisation modérée et des limites de risque bien définies.

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