Les Pays-Bas se préparent à mettre en œuvre une réforme fiscale significative qui modifierait radicalement la manière dont les investissements sont imposés. La nouvelle approche, qui intervient en réponse à la décision judiciaire invalidant le système précédent, impose des taxes annuelles sur les gains réalisés et non réalisés, que les investisseurs aient vendu leurs actifs ou les détiennent sur papier. Ce changement affectera des millions de Néerlandais qui, bien qu’investissant dans des actions, des obligations et des cryptomonnaies.
Réforme de la Box 3 : des rendements présumés à une fiscalité réelle
Le système actuel de la Box 3 fonctionne sur la base de rendements présumés plutôt que sur des données de marché réelles. Cependant, les tribunaux ont statué que ce système n’est ni équitable ni durable d’un point de vue légal. Le Parlement néerlandais, par la Chambre des Représentants (Tweede Kamer), a récemment examiné en détail la proposition, le secrétaire d’État aux impôts Eugène Heijnen répondant à plus de 130 questions des législateurs.
Le gouvernement estime que le report de la mise en œuvre coûterait environ 2,3 milliards d’euros (soit 2,7 milliards de dollars) par an. En raison des pressions sur les finances publiques, d’autres retards ont été exclus des calculs. Bien que certaines lacunes du plan proposé aient été reconnues, la majorité des législateurs sont enclins à le soutenir et à le voter.
Cryptomonnaies et autres actifs : une répartition inégale du fardeau fiscal
Sous ce nouveau régime, les investisseurs en cryptomonnaies seront soumis à des taxes annuelles sur les gains “sur papier” – c’est-à-dire sur l’augmentation de la valeur de leurs actifs, même s’ils ne les ont pas vendus. En revanche, les investisseurs immobiliers bénéficieront d’une approche plus favorable : ils pourront déduire leurs coûts et ne seront imposés qu’au moment de la réalisation effective du profit. Cependant, les maisons de vacances utilisées personnellement seront soumises à une taxe supplémentaire.
Cette différence de traitement soulève des questions sur l’équité de la politique. Les cryptomonnaies et autres actifs numériques supporteront une charge fiscale nettement plus lourde que la propriété immobilière traditionnelle.
La coalition politique derrière la réforme
La grande majorité du paysage politique néerlandais soutient ces réformes. Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), l’Appel démocrate chrétien (CDA), les nouveaux partis JA21 et le Mouvement Fermier-Citoyen (BBB), ainsi que le Parti pour la liberté (PVV), devraient voter en faveur du projet de loi. Les partis de gauche, notamment Démocrates 66 (D66) et les coalitions de gauche (GroenLinks–PvdA), soutiennent également ces changements, arguant que la taxation des gains non réalisés est plus facile à administrer et prévient les déficits budgétaires.
Risques d’évasion de capitaux et de mobilité des investisseurs
Les critiques avertissent que cette nouvelle taxe pourrait accélérer considérablement l’évasion de capitaux du pays. Michaël van de Poppe, un analyste en cryptomonnaies influent aux Pays-Bas, a qualifié le plan de radical et difficile à justifier. Selon lui, cette mesure augmentera exponentiellement la charge fiscale annuelle et incitera de nombreux résidents à envisager une émigration fiscale.
“Personne ne devrait être surpris que les gens choisissent de quitter le pays, et, à juste titre, ils devraient pouvoir le faire”, a-t-il commenté. D’autres critiques ont comparé la taxation de la richesse et des gains non réalisés à des moments historiques controversés, du Boston Tea Party au régime de la Terreur, suggérant que cette politique pourrait engendrer une forte résistance sociale et économique.
La rhétorique autour de cette réforme fiscale illustre la tension fondamentale aux Pays-Bas : d’un côté, la nécessité de renforcer les recettes fiscales et de réformer un système jugé injuste, et de l’autre, le risque d’aliéner les investisseurs et les créateurs de richesse du pays.
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Les Pays-Bas progressent vers la taxation des gains latents issus des investissements - un changement majeur dans le régime fiscal
Les Pays-Bas se préparent à mettre en œuvre une réforme fiscale significative qui modifierait radicalement la manière dont les investissements sont imposés. La nouvelle approche, qui intervient en réponse à la décision judiciaire invalidant le système précédent, impose des taxes annuelles sur les gains réalisés et non réalisés, que les investisseurs aient vendu leurs actifs ou les détiennent sur papier. Ce changement affectera des millions de Néerlandais qui, bien qu’investissant dans des actions, des obligations et des cryptomonnaies.
Réforme de la Box 3 : des rendements présumés à une fiscalité réelle
Le système actuel de la Box 3 fonctionne sur la base de rendements présumés plutôt que sur des données de marché réelles. Cependant, les tribunaux ont statué que ce système n’est ni équitable ni durable d’un point de vue légal. Le Parlement néerlandais, par la Chambre des Représentants (Tweede Kamer), a récemment examiné en détail la proposition, le secrétaire d’État aux impôts Eugène Heijnen répondant à plus de 130 questions des législateurs.
Le gouvernement estime que le report de la mise en œuvre coûterait environ 2,3 milliards d’euros (soit 2,7 milliards de dollars) par an. En raison des pressions sur les finances publiques, d’autres retards ont été exclus des calculs. Bien que certaines lacunes du plan proposé aient été reconnues, la majorité des législateurs sont enclins à le soutenir et à le voter.
Cryptomonnaies et autres actifs : une répartition inégale du fardeau fiscal
Sous ce nouveau régime, les investisseurs en cryptomonnaies seront soumis à des taxes annuelles sur les gains “sur papier” – c’est-à-dire sur l’augmentation de la valeur de leurs actifs, même s’ils ne les ont pas vendus. En revanche, les investisseurs immobiliers bénéficieront d’une approche plus favorable : ils pourront déduire leurs coûts et ne seront imposés qu’au moment de la réalisation effective du profit. Cependant, les maisons de vacances utilisées personnellement seront soumises à une taxe supplémentaire.
Cette différence de traitement soulève des questions sur l’équité de la politique. Les cryptomonnaies et autres actifs numériques supporteront une charge fiscale nettement plus lourde que la propriété immobilière traditionnelle.
La coalition politique derrière la réforme
La grande majorité du paysage politique néerlandais soutient ces réformes. Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), l’Appel démocrate chrétien (CDA), les nouveaux partis JA21 et le Mouvement Fermier-Citoyen (BBB), ainsi que le Parti pour la liberté (PVV), devraient voter en faveur du projet de loi. Les partis de gauche, notamment Démocrates 66 (D66) et les coalitions de gauche (GroenLinks–PvdA), soutiennent également ces changements, arguant que la taxation des gains non réalisés est plus facile à administrer et prévient les déficits budgétaires.
Risques d’évasion de capitaux et de mobilité des investisseurs
Les critiques avertissent que cette nouvelle taxe pourrait accélérer considérablement l’évasion de capitaux du pays. Michaël van de Poppe, un analyste en cryptomonnaies influent aux Pays-Bas, a qualifié le plan de radical et difficile à justifier. Selon lui, cette mesure augmentera exponentiellement la charge fiscale annuelle et incitera de nombreux résidents à envisager une émigration fiscale.
“Personne ne devrait être surpris que les gens choisissent de quitter le pays, et, à juste titre, ils devraient pouvoir le faire”, a-t-il commenté. D’autres critiques ont comparé la taxation de la richesse et des gains non réalisés à des moments historiques controversés, du Boston Tea Party au régime de la Terreur, suggérant que cette politique pourrait engendrer une forte résistance sociale et économique.
La rhétorique autour de cette réforme fiscale illustre la tension fondamentale aux Pays-Bas : d’un côté, la nécessité de renforcer les recettes fiscales et de réformer un système jugé injuste, et de l’autre, le risque d’aliéner les investisseurs et les créateurs de richesse du pays.