Le 13 février 2026, l’un des projets les plus controversés et à la fois les plus populaires de l’écosystème Solana, Pump.fun, a annoncé le lancement d’une nouvelle mécanique apparemment « mineure » mais susceptible d’impacter sa logique de croissance : les utilisateurs peuvent, via l’application mobile Pump.fun, répartir les « frais de créateur » (creator fees) vers n’importe quel compte GitHub. La plateforme a également annoncé qu’elle continuerait à introduire davantage de fonctionnalités « socialisées ».
Pour un non-initié, cela ressemble à « une nouvelle porte de pourboire » ; pour Pump.fun, c’est davantage une mise à niveau du canal de distribution des frais : passant d’un partage de revenus plutôt fixe ou limité à une configuration où les flux financiers peuvent être dirigés de façon ciblée ou déborder vers d’autres destinations. Il ne s’agit pas seulement d’un changement d’interface utilisateur, mais d’une refonte de la structure d’incitation.
Qu’est-ce que Pump.fun : abaisser le seuil de création de tokens « comme poster un message »
Pump.fun, souvent abrégé en Pump, est une plateforme d’émission et d’échange d’actifs cryptographiques fonctionnant sur Solana : les utilisateurs, sans nécessiter de compétences techniques particulières, peuvent simplement uploader une image, remplir un nom et un ticker pour créer rapidement un token, puis le trader immédiatement. Lorsqu’un token atteint certains critères, il peut « passer » à une plateforme décentralisée pour continuer sa circulation. La plateforme a été lancée le 19 janvier 2024, fondée par Noah Tweedale, Alon Cohen, Dylan Kerler et d’autres.
Ce modèle a directement engendré un fait : la majorité des tokens n’ont pas de fonctionnalité réelle, étant davantage classés comme des meme coins. En rendant « simple » l’émission, l’offre de nouveaux tokens explose : selon les médias, en janvier 2025, le nombre total de meme coins émis sur la plateforme aurait atteint plusieurs millions, étant considéré comme l’un des cas de croissance la plus rapide dans le domaine des applications cryptographiques.
Mais, en face, la réalité est claire : le taux d’échec des nouveaux tokens est très élevé, la majorité des projets ne parviennent pas à maintenir un volume de trading durable, et encore moins à s’insérer dans des scénarios DeFi plus matures. C’est là la contradiction fondamentale de Pump.fun : une barrière d’entrée très basse génère une offre massive, mais aussi beaucoup de bruit et un taux d’élimination élevé.
Controverses et coûts : quand « émission de tokens + live streaming » deviennent une course à l’attention
L’un des épisodes les plus discutés dans l’histoire de Pump.fun est la « course à l’attention » qui s’est cristallisée après l’introduction de la fonction live streaming en 2024 : pour que leur token soit visible parmi la multitude, les projets cherchent à attirer du trafic et à faire du bruit. Résultat : la plateforme a été critiquée à plusieurs reprises pour la modération du contenu et les risques associés, et la fonction live a connu des périodes de suspension puis de relancement.
Par ailleurs, la pression réglementaire s’est aussi intensifiée. Par exemple, la plateforme a été contrainte de limiter l’accès aux utilisateurs britanniques suite à des avertissements des autorités financières du Royaume-Uni ; des débats persistent sur sa possible implication dans des transactions de titres non enregistrés ou sur la protection des investisseurs.
En résumé, Pump.fun n’est pas qu’un simple « outil » : c’est plutôt une « usine » d’émission et de trading mêlant spéculation financière, diffusion sociale et culture de l’anonymat. Cela explique pourquoi chaque ajustement concernant « frais », « incitations » ou « structure sociale » est systématiquement amplifié par le marché.
Ce que cette nouvelle fonctionnalité change : connecter les frais de créateur à l’identité GitHub
L’essentiel de cette mise à jour peut se résumer ainsi :
Les utilisateurs peuvent désormais orienter les frais de créateur vers n’importe quel compte GitHub (via l’application mobile Pump.fun).
Ce n’est pas une question de « pouvoir répartir » mais de « à qui » : en étendant la cible de répartition du « portefeuille on-chain / rôle dans le projet » à un compte GitHub, Pump.fun intègre un système d’identité très utilisé dans le monde des développeurs dans sa chaîne d’incitation.
Cela pourrait entraîner trois changements potentiels :
Productiser l’action de soutenir les développeurs : beaucoup sont prêts à donner des pourboires aux auteurs open source, mais manquaient d’un moyen simple ; Pump.fun insère donc un bouton « donner de l’argent aux développeurs » dans des scénarios de trading et d’émission de tokens à haute fréquence.
Inclure les contributeurs externes dans la boucle d’incitation : pas seulement les membres de l’équipe du projet, mais toute personne contribuant à des outils, scripts ou contenus communautaires pourrait se voir « désignée » pour recevoir une part.
Renforcer la narration de diffusion : associer l’attention portée aux meme coins à celle des développeurs open source, ce qui facilite, au moins en discours, de passer d’un « pur spéculatif » à un « soutien aux bâtisseurs ».
L’annonce de l’ajout futur de fonctionnalités sociales indique aussi que Pump.fun cherche à évoluer d’un simple « marché de tokens » vers une plateforme plus orientée contenu et communauté.
Pourquoi maintenant : passer d’un « test de conception de frais » à une « répartition plus orientée marché »
L’intérêt pour cette mise à jour ne réside pas seulement dans son aspect isolé, mais dans sa continuité avec les expérimentations passées sur la structure des frais de Pump.fun.
Dans le cycle de croissance de Pump.fun, « frais » a toujours été un paramètre clé : la plateforme tire ses revenus de commissions sur les transactions et de mécanismes comme la « graduation », puis redistribue une partie de ces revenus pour alimenter l’écosystème, stimulant ainsi l’émission et le trading. Les discussions autour de « frais dynamiques » ou « Project Ascend » montrent que la communauté cherche à répondre à une question centrale : comment rendre l’incitation à la transaction et à l’émission plus durable, plutôt que de se limiter à une explosion de volume lors d’un pic de popularité.
En ouvrant la possibilité de répartir les frais vers GitHub, Pump.fun adopte une stratégie qui peut aussi se voir comme une façon plus pragmatique : soutenir directement les développeurs en concentrant l’effort là où ils sont le plus nombreux, pour attirer de nouveaux utilisateurs, de nouvelles narrations et de nouveaux flux financiers.
Quelles implications pour la plateforme et les tokens : que signifie cette « fuite de fonds » ?
D’un point de vue économique et financier, la variable la plus importante est : est-ce que cette mécanique va faire sortir des frais de l’écosystème initial ?
Si cette mécanique génère principalement « de nouveaux utilisateurs, nouveaux projets, plus de volume », alors le « fonds de roulement » global pourrait s’accroître, renforçant le cycle vertueux, et Pump.fun pourrait la présenter comme une « économie des bâtisseurs » à rétroaction positive.
En revanche, si elle se limite à « redistribuer » une partie des frais existants, en déplaçant des revenus qui restaient dans le système, alors la capacité de réinjecter ces fonds dans l’écosystème pourrait diminuer, et l’effet global pourrait être moins favorable que prévu.
Naturellement, le marché est souvent plus sensible aux « histoires » : faire de GitHub une cible de redistribution renforce l’image de Pump.fun comme plateforme liée aux « développeurs » et à « l’open source », ce qui lui donne un atout supplémentaire dans la compétition narrative avec d’autres plateformes d’émission.
Risques et controverses : une socialisation accrue ne garantit pas une réduction des risques
Il est important de souligner que distribuer de l’argent vers GitHub ne rend pas forcément l’écosystème plus sain.
Le problème central de Pump.fun reste l’offre : trop de tokens, durée de vie courte, compétition féroce pour l’attention. Ces mécanismes peuvent aussi favoriser des phénomènes comme le « soft rug », la manipulation de prix, ou le trading à court terme basé sur l’émotion. La plateforme peut fournir des informations pour aider à juger, mais ne peut pas éliminer fondamentalement la spéculation.
Si Pump.fun poursuit son développement avec davantage de fonctionnalités sociales, elle pourrait se rapprocher d’un « contenu + finance » hybride, ce qui augmenterait la fidélité des utilisateurs, mais complexifierait la gestion du contenu, la gestion des risques et la conformité réglementaire.
Conclusion : une simple canalisation vers GitHub, mais une étape vers la nouvelle narration de Pump.fun
Distribuer les frais de créateur vers un compte GitHub peut sembler une « petite mise à jour », mais elle traduit une tendance claire : Pump.fun évolue d’une infrastructure purement « émission et trading » vers un produit plus social, mettant davantage l’accent sur l’identité et la chaîne de relations.
La question qu’elle cherche à répondre est simple : dans un cycle où la folie et la fatigue autour des meme coins coexistent, comment Pump.fun peut-elle se transformer d’une « usine à flux » en une « machine écologique en fonctionnement continu » ?
La connexion avec GitHub, en tant que « identité » et « actif développeur », pourrait bien être une mise en jeu pour redéfinir ses propres limites.
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Pump.fun lance le partage des frais des créateurs sur GitHub : intégrer le « pourboire » dans la canalisation de fonds de la fabrique de meme coins
Auteur : 137Labs
Le 13 février 2026, l’un des projets les plus controversés et à la fois les plus populaires de l’écosystème Solana, Pump.fun, a annoncé le lancement d’une nouvelle mécanique apparemment « mineure » mais susceptible d’impacter sa logique de croissance : les utilisateurs peuvent, via l’application mobile Pump.fun, répartir les « frais de créateur » (creator fees) vers n’importe quel compte GitHub. La plateforme a également annoncé qu’elle continuerait à introduire davantage de fonctionnalités « socialisées ».
Pour un non-initié, cela ressemble à « une nouvelle porte de pourboire » ; pour Pump.fun, c’est davantage une mise à niveau du canal de distribution des frais : passant d’un partage de revenus plutôt fixe ou limité à une configuration où les flux financiers peuvent être dirigés de façon ciblée ou déborder vers d’autres destinations. Il ne s’agit pas seulement d’un changement d’interface utilisateur, mais d’une refonte de la structure d’incitation.
Pump.fun, souvent abrégé en Pump, est une plateforme d’émission et d’échange d’actifs cryptographiques fonctionnant sur Solana : les utilisateurs, sans nécessiter de compétences techniques particulières, peuvent simplement uploader une image, remplir un nom et un ticker pour créer rapidement un token, puis le trader immédiatement. Lorsqu’un token atteint certains critères, il peut « passer » à une plateforme décentralisée pour continuer sa circulation. La plateforme a été lancée le 19 janvier 2024, fondée par Noah Tweedale, Alon Cohen, Dylan Kerler et d’autres.
Ce modèle a directement engendré un fait : la majorité des tokens n’ont pas de fonctionnalité réelle, étant davantage classés comme des meme coins. En rendant « simple » l’émission, l’offre de nouveaux tokens explose : selon les médias, en janvier 2025, le nombre total de meme coins émis sur la plateforme aurait atteint plusieurs millions, étant considéré comme l’un des cas de croissance la plus rapide dans le domaine des applications cryptographiques.
Mais, en face, la réalité est claire : le taux d’échec des nouveaux tokens est très élevé, la majorité des projets ne parviennent pas à maintenir un volume de trading durable, et encore moins à s’insérer dans des scénarios DeFi plus matures. C’est là la contradiction fondamentale de Pump.fun : une barrière d’entrée très basse génère une offre massive, mais aussi beaucoup de bruit et un taux d’élimination élevé.
L’un des épisodes les plus discutés dans l’histoire de Pump.fun est la « course à l’attention » qui s’est cristallisée après l’introduction de la fonction live streaming en 2024 : pour que leur token soit visible parmi la multitude, les projets cherchent à attirer du trafic et à faire du bruit. Résultat : la plateforme a été critiquée à plusieurs reprises pour la modération du contenu et les risques associés, et la fonction live a connu des périodes de suspension puis de relancement.
Par ailleurs, la pression réglementaire s’est aussi intensifiée. Par exemple, la plateforme a été contrainte de limiter l’accès aux utilisateurs britanniques suite à des avertissements des autorités financières du Royaume-Uni ; des débats persistent sur sa possible implication dans des transactions de titres non enregistrés ou sur la protection des investisseurs.
En résumé, Pump.fun n’est pas qu’un simple « outil » : c’est plutôt une « usine » d’émission et de trading mêlant spéculation financière, diffusion sociale et culture de l’anonymat. Cela explique pourquoi chaque ajustement concernant « frais », « incitations » ou « structure sociale » est systématiquement amplifié par le marché.
L’essentiel de cette mise à jour peut se résumer ainsi :
Les utilisateurs peuvent désormais orienter les frais de créateur vers n’importe quel compte GitHub (via l’application mobile Pump.fun).
Ce n’est pas une question de « pouvoir répartir » mais de « à qui » : en étendant la cible de répartition du « portefeuille on-chain / rôle dans le projet » à un compte GitHub, Pump.fun intègre un système d’identité très utilisé dans le monde des développeurs dans sa chaîne d’incitation.
Cela pourrait entraîner trois changements potentiels :
Productiser l’action de soutenir les développeurs : beaucoup sont prêts à donner des pourboires aux auteurs open source, mais manquaient d’un moyen simple ; Pump.fun insère donc un bouton « donner de l’argent aux développeurs » dans des scénarios de trading et d’émission de tokens à haute fréquence.
Inclure les contributeurs externes dans la boucle d’incitation : pas seulement les membres de l’équipe du projet, mais toute personne contribuant à des outils, scripts ou contenus communautaires pourrait se voir « désignée » pour recevoir une part.
Renforcer la narration de diffusion : associer l’attention portée aux meme coins à celle des développeurs open source, ce qui facilite, au moins en discours, de passer d’un « pur spéculatif » à un « soutien aux bâtisseurs ».
L’annonce de l’ajout futur de fonctionnalités sociales indique aussi que Pump.fun cherche à évoluer d’un simple « marché de tokens » vers une plateforme plus orientée contenu et communauté.
L’intérêt pour cette mise à jour ne réside pas seulement dans son aspect isolé, mais dans sa continuité avec les expérimentations passées sur la structure des frais de Pump.fun.
Dans le cycle de croissance de Pump.fun, « frais » a toujours été un paramètre clé : la plateforme tire ses revenus de commissions sur les transactions et de mécanismes comme la « graduation », puis redistribue une partie de ces revenus pour alimenter l’écosystème, stimulant ainsi l’émission et le trading. Les discussions autour de « frais dynamiques » ou « Project Ascend » montrent que la communauté cherche à répondre à une question centrale : comment rendre l’incitation à la transaction et à l’émission plus durable, plutôt que de se limiter à une explosion de volume lors d’un pic de popularité.
En ouvrant la possibilité de répartir les frais vers GitHub, Pump.fun adopte une stratégie qui peut aussi se voir comme une façon plus pragmatique : soutenir directement les développeurs en concentrant l’effort là où ils sont le plus nombreux, pour attirer de nouveaux utilisateurs, de nouvelles narrations et de nouveaux flux financiers.
D’un point de vue économique et financier, la variable la plus importante est : est-ce que cette mécanique va faire sortir des frais de l’écosystème initial ?
Si cette mécanique génère principalement « de nouveaux utilisateurs, nouveaux projets, plus de volume », alors le « fonds de roulement » global pourrait s’accroître, renforçant le cycle vertueux, et Pump.fun pourrait la présenter comme une « économie des bâtisseurs » à rétroaction positive.
En revanche, si elle se limite à « redistribuer » une partie des frais existants, en déplaçant des revenus qui restaient dans le système, alors la capacité de réinjecter ces fonds dans l’écosystème pourrait diminuer, et l’effet global pourrait être moins favorable que prévu.
Naturellement, le marché est souvent plus sensible aux « histoires » : faire de GitHub une cible de redistribution renforce l’image de Pump.fun comme plateforme liée aux « développeurs » et à « l’open source », ce qui lui donne un atout supplémentaire dans la compétition narrative avec d’autres plateformes d’émission.
Il est important de souligner que distribuer de l’argent vers GitHub ne rend pas forcément l’écosystème plus sain.
Le problème central de Pump.fun reste l’offre : trop de tokens, durée de vie courte, compétition féroce pour l’attention. Ces mécanismes peuvent aussi favoriser des phénomènes comme le « soft rug », la manipulation de prix, ou le trading à court terme basé sur l’émotion. La plateforme peut fournir des informations pour aider à juger, mais ne peut pas éliminer fondamentalement la spéculation.
Si Pump.fun poursuit son développement avec davantage de fonctionnalités sociales, elle pourrait se rapprocher d’un « contenu + finance » hybride, ce qui augmenterait la fidélité des utilisateurs, mais complexifierait la gestion du contenu, la gestion des risques et la conformité réglementaire.
Distribuer les frais de créateur vers un compte GitHub peut sembler une « petite mise à jour », mais elle traduit une tendance claire : Pump.fun évolue d’une infrastructure purement « émission et trading » vers un produit plus social, mettant davantage l’accent sur l’identité et la chaîne de relations.
La question qu’elle cherche à répondre est simple : dans un cycle où la folie et la fatigue autour des meme coins coexistent, comment Pump.fun peut-elle se transformer d’une « usine à flux » en une « machine écologique en fonctionnement continu » ?
La connexion avec GitHub, en tant que « identité » et « actif développeur », pourrait bien être une mise en jeu pour redéfinir ses propres limites.